Aujourd’hui, nous recevons…

Ane Iriondo, Responsable du développement durable chez Echebastar

1. Echebastar est depuis des années une référence internationale en matière de pêche durable. Comment le concept de développement durable a-t-il évolué au sein de l’entreprise ?

Le développement durable fait partie de l’ADN d’Echebastar depuis de nombreuses années. Ce qui a commencé comme un engagement en faveur de la conservation des ressources halieutiques a évolué vers une vision beaucoup plus large qui intègre des aspects environnementaux, sociaux et économiques. Aujourd’hui, nous concevons le développement durable comme une responsabilité partagée qui concerne l’ensemble de notre activité : de la bonne gestion des pêcheries et du bien-être de nos équipages à l’innovation, la traçabilité, l’efficacité énergétique ou encore notre relation avec la communauté.

2. En 2018, Echebastar est entrée dans l’histoire en obtenant la certification MSC pour sa pêche au thon à la senne coulissante. Qu’a représenté cette étape décisive pour l’entreprise ?

Ce fut un moment très important. L’obtention de la certification MSC a été la consécration de nombreuses années de travail, d’investissement et de collaboration avec des scientifiques, des administrations et d’autres acteurs du secteur. Au-delà du certificat, cela a permis de démontrer qu’il est possible de mener une activité de pêche responsable, fondée sur l’amélioration continue et la gestion durable des ressources. Aujourd’hui encore, nous continuons à œuvrer pour maintenir et étendre ces normes.

3. Quels sont les principaux axes sur lesquels vous devez vous concentrer pour maintenir ces normes ?

Il y a trois axes principaux : maintenir les stocks de thon à des niveaux sains, minimiser l’impact environnemental de notre activité et garantir une gestion efficace et transparente de la pêcherie. Pour cela, nous travaillons toujours dans le respect des quotas et des recommandations scientifiques établies, nous appliquons des codes de bonnes pratiques pour réduire les prises accessoires et améliorer la sélectivité, et nous collaborons en permanence avec des organismes

scientifiques, les administrations et les organismes de certification. Le maintien de ces normes exige un suivi permanent, des investissements, la formation des équipages et une culture d’amélioration continue dans toute l’organisation.

4. La durabilité est souvent associée à la mer, mais votre stratégie va bien au-delà. Comment s’applique-t-elle tout au long de la chaîne de valeur ?

Notre engagement ne s’arrête pas lorsque le thon arrive au port. Nous veillons à ce que la durabilité soit présente tout au long de la chaîne de valeur : lors de la capture, de la transformation, de la logistique, du développement de nouveaux produits, mais aussi dans l’expérience gastronomique que nous proposons à travers Alakrana Bermeo. Nous cherchons à générer un maximum de valeur avec le moins d’impact possible, en optimisant les ressources, en garantissant la traçabilité et en proposant aux consommateurs des produits responsables et de qualité.

5. La nouvelle loi n° 1/2025 relative à la prévention des pertes et du gaspillage alimentaires impose de nouvelles obligations aux entreprises. Comment Echebastar relève-t-elle ce défi ?

Cette loi représente une opportunité de poursuivre nos efforts dans une voie sur laquelle nous travaillons depuis des années : l’utilisation responsable des denrées alimentaires. Nous avons élaboré un plan de mise en œuvre qui couvre l’ensemble de notre chaîne de valeur, de la pêche et de la production à la commercialisation et à notre activité de restauration. L’objectif est de prévenir les pertes, d’optimiser l’utilisation du produit, de quantifier les excédents et de privilégier systématiquement des solutions telles que la réutilisation ou le don lorsque cela est possible. Dans notre cas, par ailleurs, notre philosophie même de valorisation intégrale du thon s’inscrit parfaitement dans l’esprit de cette réglementation.

6. À l’horizon, quels sont les principaux défis en matière de développement durable pour Echebastar ?

Le principal défi est de continuer à nous améliorer. Nous devons poursuivre nos efforts pour réduire notre empreinte environnementale, améliorer l’efficacité de nos opérations, innover en matière de développement durable et créer de la valeur pour les communautés avec lesquelles nous interagissons. Il sera également essentiel de continuer à sensibiliser le consommateur final à ces questions. Le développement durable n’est plus une option ni une tendance ; c’est le moyen de garantir que les générations futures puissent continuer à vivre de la mer et à profiter de ses ressources de manière responsable.

7. Outre votre travail chez Echebastar, vous représentez l’entreprise au sein de Bermeo Tuna World Capital. Qu’apporte cette initiative au secteur et au territoire ?

Bermeo Tuna World Capital est une initiative très précieuse car elle rassemble des entreprises, des institutions et des acteurs liés au monde du thon autour d’un objectif commun : mettre en valeur un secteur qui a joué un rôle clé dans le développement économique, social et culturel de Bermeo. Au sein de l’association, nous œuvrons à diffuser les connaissances sur le thon, à promouvoir l’innovation, à encourager le développement durable et à renforcer le positionnement international de Bermeo en tant que référence mondiale dans ce domaine.

Pour Echebastar, c’est l’occasion de collaborer avec d’autres acteurs du secteur, de partager des expériences et de contribuer à des projets qui créent de la valeur pour le territoire. De plus, cela nous permet de faire découvrir au grand public la réalité d’une activité en constante évolution qui a beaucoup à apporter en termes d’emploi, de savoir-faire, d’alimentation et de durabilité.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *